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État des éléments

État des éléments


État des éléments se développe sous la forme d’une trilogie d’expositions évolutives qui se jouent de l’iconoclasme. Le collectif Le sans titre y endosse une posture manifeste, partant du rôle de commissaire en lui adjoignant celui de l’artiste et en intervenant dans une attitude hybride. À la fois juge et partie, le collectif pose sa marque de fabrique ou de dé-fabrique. Il met en place un mouvement allant crescendo, d’un volet à un autre de la trilogie, en s’intéressant concrètement à l’état des éléments et de ce qui constitue la matérialité – ou l’immatérialité. Ainsi les oeuvres et/ou interventions seront d’abord abordées à travers l’aplatissement (volet 1 : Le territoire, la carte), puis la réduction en poudre (volet 2 : Poudre aux yeux) et enfin la dématérialisation (volet 3 : Désintégration).
Ce projet met en place un enchaînement d’expositions questionnant l’espace de monstration, tout en permettant une série d’évènements (workshops, évènements ponctuels, conférence/journées d’étude…).

Les trois volets de la trilogie sont :

Volet 1 : Le territoire, la carte – une version papier
Le projet se développe à partir d’une sélection d’œuvres issues de l’art contemporain qui ne sont pas exposées mais transposées, mises à plat – littéralement – dans l’espace d’exposition. Cette mise à plat effectuée par le collectif s’appuie sur un support volontairement sommaire et accessible : des feuilles de papier A4 (blanches ou de couleurs) imprimées en noir et blanc.
Par ce choix de médium et par ce geste d’aplatissement il est fait le pari qu’il y a plus à apprendre de la surface que de la profondeur. À l’inverse d’Edwin Abbott dans son livre Flatland c’est du passage de la tri-dimensionnalité à la bi-dimensionnalité dont il s’agit ici. Là où mettre à plat signifie décortiquer, on s’éloigne ainsi de la matérialité de l’objet sculptural pour en comprendre la structure et le dessein.
À l’entrée de l’exposition, une édition à emporter (format A4 noir et blanc) articule les œuvres matrices sélectionnées, les cheminements, réflexions et choix ainsi que les liens avec chacun des principes d’aplatissement choisis. Cet objet éditorial n’aura donc pas le statut de catalogue ; il sera traité comme un élément de l’exposition, son point de départ, support des choix curatoriaux.

L’exposition se développe :
- Sous des processus de réactivation issus de plusieurs champs disciplinaires :
• Cartographie (cartes, plans, projections),
• botanique (herbiers),
• couture (patrons, dépliés),
• écriture (textes, presses),
• musique (partitions),
• charcuterie (tranches, coupes).

- Sous trois typologies de restitution :
• le marouflage : l’ensemble de l’espace est tapissé par les propositions A4,
• la salle des machines : Les «machines d’aplatissement» (presse, scanner, rouleau compresseur, trancheuse…) deviennent les outils, témoins et objets mêmes de l’exposition,
• l’herbier : où le visiteur est invité à consulter des documents scénographiés.

 
Volet 2 : Poudre aux yeux

Ce volet s’intéressera à la matière et à son broyage : De la broyeuse de chocolat de Marcel Duchamp à l’invention du béton – matériau composite et granulaire – la poudre pose la question de la substance (la matière dont quelque chose est formée) et de ses spécificités. Cette exposition présente une sélection d’œuvres d’artistes qui explorent les problématiques et enjeux d’un matériau révélateur d’un rapport contemporain à la matière.

Les œuvres produites lors de l’exposition Le Territoire, la carte (premier volet de la trilogie) seront aussi exposées sous une forme broyée.

 
Volet 3 : Désintégration

Le dernier volet bouclera la boucle en interrogeant et œuvrant sur la dé-matérialisation. Cette
proposition prendra la forme d’une manifestation éphémère de 3 soirs :

- Premier soir : Conférences / performances
Un programme autour de la désintégration, entre art et science-fiction.

- Deuxième soir : BYOB
BYOB, acronyme pour “Bring Your Own Beamer”, est une série de propositions d’un soir programmées par différentes personnes dans le monde (Berlin, Athènes, New York, Portland…) sur un concept de Rafaël Rosendaal. BYOB repose sur une idée simple : trouver un endroit, inviter des artistes en leur demandant d’ap- porter leur vidéo-projecteur. Il donne l’opportunité d’explorer la vidéo-projection comme médium et moyen de diffusion et d’opérer des montages et mises en relation en temps réel.

- Troisième soir : Banquet
Nous invitons des artistes à faire une proposition de repas sur le thème de la dématérialisation. Ce banquet est partagé par l’ensemble des protagonistes : artistes, publics, curateurs… dans une perspective de partage de nourriture intellectuelle et culinaire. L’impression du menu du repas sera l’occasion d’une invitation faite à un artiste à intervenir sous la forme d’un ephéméra.
La rencontre sera au cœur de ces moments : entre les artistes, publics et curateurs. Envisagés ainsi, les différents participants de ce volet deviennent les acteurs et éditeurs d’une expérience à la fois sensible et réflexive. Un dispositif dématérialisé qui place la relation comme matériau et comme message.